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Création d’entreprise

Offshoring de services au Maroc 2026 : externalisation, ZAI, CFC et fiscalité

Offshoring de services au Maroc 2026 : régime fiscal (5 ans d'exonération d'IS puis 20 %), ZAI, CFC, TVA export, conditions réelles. Guide d'expert-comptable.

Felexia Conseils5 min de lecture
Équipe de services externalisés travaillant dans des bureaux modernes au Maroc

Les explications ci-dessous vous aident à préparer vos décisions et les échanges avec vos interlocuteurs.

En bref : L’offshoring de services au Maroc — désormais désigné externalisation de services — ouvre droit, sous conditions, à une exonération totale d’impôt sur les sociétés pendant 5 ans, puis à un taux réduit de 20 %, ainsi qu’à une exonération de TVA à l’export en devises. Cette exonération n’est pas automatique : elle suppose une activité éligible (CRM, BPO, ITO, ESO, KPO), une substance réelle (salariés au Maroc) et un chiffre d’affaires à l’export. Trois voies y conduisent : le régime offshoring, la ZAI et le statut CFC.

Offshoring, externalisation, ZAI : une question de vocabulaire

Les termes ont changé, pas les avantages. Le législateur a remplacé « zone franche » par « Zone d’Accélération Industrielle » (ZAI) et substitue progressivement « externalisation de services » au mot « offshoring », pour des raisons de conformité fiscale internationale (sortie des listes grises). Dans le langage courant, on parle toujours de société offshore ou de nearshoring — voir nos stratégies de nearshoring et d’externalisation.

Le Maroc reste l’une des destinations les plus compétitives pour l’externalisation : proximité de l’Europe, main-d’œuvre francophone et multilingue, infrastructures télécoms à coût maîtrisé, et surtout un régime fiscal incitatif. La première étape pour en profiter est de créer une société au Maroc — y compris à distance pour un non-résident. Les formalités de constitution sont généralement traitées dans le cadre d’une assistance à la création de sociétés.

Le régime fiscal de l’offshoring de services

En vertu de l’article 6 du Code Général des Impôts, les sociétés d’externalisation de services bénéficient :

  • d’une exonération totale d’IS pendant les 5 premiers exercices d’activité ;
  • d’un taux réduit de 20 % au-delà (le taux de 35 % applicable aux bénéfices nets ≥ 100 M MAD ne s’applique pas à ce régime) ;
  • d’une exonération de TVA avec droit à déduction sur le chiffre d’affaires réalisé à l’export en devises.

Ce régime s’applique que la société soit installée à l’intérieur ou à l’extérieur d’une plateforme dédiée (P2I Offshoring).

Une exonération sous conditions — pas un acquis automatique

C’est le point que beaucoup de porteurs de projet ignorent : l’exonération n’est pas généralisée. Pour en bénéficier, deux conditions cumulatives s’imposent :

  • Nature de l’activité : elle doit relever du périmètre de l’offshoring de services ;
  • Effectivité (substance) : la société doit exercer réellement au Maroc et y employer des salariés. Une simple boîte aux lettres ne suffit pas.

Les activités éligibles, définies par la circulaire 5/2016, se répartissent en cinq filières :

FilièrePérimètre
CRMGestion de la relation client (centres d’appels, support)
BPOExternalisation des processus métiers (compta, paie, RH)
ITOExternalisation des technologies de l’information (dev, infra)
ESOIngénierie et R&D externalisées
KPOProcessus à forte valeur « savoir » (analyse, expertise)

Offshoring, ZAI ou CFC : quelle voie pour l’exonération ?

Trois régimes distincts mènent à la même mécanique (5 ans d’exonération d’IS puis 20 %), mais sur des critères différents. Ils ne se cumulent pas : il faut opter pour le plus avantageux.

RégimeCritère d’éligibilitéISTVA export
Externalisation de services (offshoring, Art. 6)Activité dans les 5 filières + substance5 ans exon. → 20 %Exonérée, droit à déduction
ZAI (ex-zone franche)Implantation physique en zone dédiée5 ans exon. → 20 %Régime de zone
CFCStatut services financiers/pro, sièges régionaux5 ans exon. → 20 %Exonérée, droit à déduction

Le détail de chaque régime figure dans notre guide des exonérations d’IS au Maroc. Pour estimer le taux applicable après la période d’exonération, utilisez notre calculateur du taux d’IS.

TVA et retenue à la source sur dividendes

Les prestations de services utilisées à l’étranger (cœur de l’offshoring) sont exonérées de TVA avec droit à déduction (Art. 92-I-1° CGI) : la société peut demander le remboursement de son crédit de TVA (Art. 103-1°, demande trimestrielle). Elle peut également acquérir en exonération, pendant les 36 mois suivant le début d’activité, les biens d’investissement inscrits en immobilisations (Art. 92-I-6°). L’achat en suspension de TVA des produits et services nécessaires aux prestations exportées (Art. 94-II) est réservé aux entreprises exportatrices de services catégorisées par l’administration, dans la limite du chiffre d’affaires export de l’année écoulée.

À la distribution, les dividendes versés à l’associé (marocain ou étranger) subissent une retenue à la source, fixé à 11,25 % en 2026 (puis 10 % à compter de 2027). Les conventions fiscales peuvent l’abaisser davantage.

P2I Offshoring et incitations sociales

Les Plateformes Industrielles Intégrées (P2I Offshoring) sont des espaces réservés aux activités d’externalisation, proches des grands centres urbains, avec guichet unique et offre immobilière flexible. L’installation se demande auprès du gestionnaire de la plateforme, dossier d’investissement à l’appui.

Au-delà du volet fiscal, plusieurs dispositifs allègent le coût de la masse salariale : financement ANAPEC de la formation (jusqu’à 70 %), contrats d’insertion (exonération de charges CNSS/IR jusqu’à 6 000 DH/mois) et programme TAHFIZ (exonération d’IR du salaire brut plafonné à 10 000 DH et prise en charge de la part patronale CNSS, dans la limite de 10 salariés sur 24 mois).

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Questions fréquentes

L'exonération d'IS de l'offshoring est-elle automatique au Maroc ?
Non. L'exonération totale d'IS pendant 5 ans n'est pas généralisée : l'activité doit relever du périmètre de l'offshoring (filières CRM, BPO, ITO, ESO, KPO), s'exercer réellement au Maroc avec des salariés, et le chiffre d'affaires doit être réalisé à l'export en devises.
Quelle différence entre offshoring, ZAI et CFC ?
L'offshoring (externalisation de services, Art. 6 CGI) est un régime lié à l'activité. La ZAI (Zone d'Accélération Industrielle, ex-zone franche) est liée à l'implantation physique en zone dédiée. Le statut CFC vise les services financiers et professionnels orientés à l'international. Les trois ouvrent 5 ans d'exonération d'IS puis 20 %, sans cumul possible.
Pourquoi ne parle-t-on plus de « zone franche » ni d'« offshore » ?
Le législateur a remplacé les termes « zone franche » par « Zone d'Accélération Industrielle » et tend à substituer « externalisation de services » à « offshoring », pour des raisons de conformité fiscale internationale. Le régime fiscal incitatif, lui, demeure.

Texte d’origine : Salaheddine Yatim, Abdelhakim Soudi, Yassine Benjelloun Touimi. Adaptation éditoriale : Felexia Conseils.

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